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Syndrome du tunnel carpien : infiltrations et alternatives à la chirurgie

Publié le 2026-05-21

Syndrome du tunnel carpien : quand l'infiltration permet d'éviter la chirurgie

Le syndrome du tunnel carpien est la neuropathie de compression la plus fréquente, touchant le nerf médian au niveau du poignet. Il se manifeste par des fourmillements, un engourdissement et des douleurs dans la main, notamment la nuit. Bien que la chirurgie soit souvent proposée, l'infiltration échoguidée offre une alternative efficace et peu invasive.

Comprendre le syndrome du tunnel carpien

Le nerf médian traverse le canal carpien, un espace rigide délimité par les os du carpe et le ligament transverse du carpe. Lorsque la pression augmente dans ce canal (inflammation des tendons fléchisseurs, rétention d'eau, arthrose), le nerf médian est comprimé, entraînant les symptômes caractéristiques.

Symptômes et diagnostic

  • Fourmillements et engourdissement du pouce, de l'index, du majeur et de la moitié de l'annulaire
  • Douleur nocturne réveillant le patient, soulagée en secouant la main (« signe de Flick »)
  • Sensation de main gonflée ou de doigts morts au réveil
  • À un stade avancé : perte de force, atrophie de l'éminence thénar, maladresse

Le diagnostic est confirmé par l'échographie musculo-squelettique qui mesure la surface du nerf médian (normale < 9 mm² au poignet, pathologique > 10 mm²) et visualise les signes de souffrance nerveuse. L'électromyogramme (EMG) complète l'évaluation en cas de doute.

L'infiltration échoguidée du tunnel carpien

L'infiltration de cortisone sous guidage échographique est le traitement médical de référence du syndrome du tunnel carpien léger à modéré. Le Dr Bolduc réalise cette infiltration avec une aiguille fine, sous visualisation directe, en déposant le corticostéroïde autour du nerf médian sans le léser.

Avantages de l'infiltration échoguidée :

  • Précision extrême : le produit est déposé exactement autour du nerf
  • Sécurité : visualisation de l'aiguille pour éviter le nerf médian et l'artère adjacente
  • Confort : moins de tentatives et de douleur pour le patient
  • Efficacité : taux de succès de 75 à 90 % à 3 mois
  • Résultats durables : 50 à 70 % des patients évitent la chirurgie pendant au moins un an

Alternatives non chirurgicales

  • Attelle de repos nocturne : maintient le poignet en position neutre, réduit la pression intracanalaire
  • Physiothérapie : mobilisations des os du carpe, glissement du nerf médian (neurodynamie), exercices de dissociation
  • Modification des activités : ergonomie du poste de travail, pauses régulières
  • Anti-inflammatoires : en cure courte pour les formes inflammatoires (grossesse, hypothyroïdie)

Quand envisager la chirurgie ?

La chirurgie (section du ligament transverse du carpe) est réservée aux cas sévères avec atrophie musculaire, aux échecs des infiltrations (2 infiltrations sans amélioration durable) ou aux formes aiguës avec déficit moteur progressif.

Questions fréquentes

Combien de temps dure l'effet d'une infiltration pour le tunnel carpien ?

Le soulagement dure en moyenne de 3 à 12 mois selon la sévérité initiale. Les formes légères répondent mieux et plus longtemps. L'infiltration peut être répétée 1 à 2 fois à 3-6 mois d'intervalle avant d'envisager la chirurgie.

L'infiltration échoguidée du canal carpien est-elle dangereuse ?

Non, c'est un geste sûr lorsqu'il est réalisé sous guidage échographique par un médecin expérimenté. Le risque de lésion nerveuse est très faible car l'aiguille et le nerf sont visualisés en temps réel. Les complications (infection, hématome) sont rares.

Peut-on travailler après une infiltration du tunnel carpien ?

Oui, la plupart des patients reprennent le travail le lendemain. Il est conseillé d'éviter les efforts de préhension importants et les mouvements répétitifs du poignet pendant 24 à 48 heures.

L'infiltration est-elle efficace pour toutes les formes de tunnel carpien ?

L'infiltration est plus efficace pour les formes légères à modérées. Les formes sévères avec atrophie musculaire ou déficit sensitif permanent répondent moins bien et la chirurgie est généralement recommandée d'emblée.